L’Université Algérienne Evolution, Priorités et Stratégies Pour une université Algérienne performante et innovante
L’objectif de ce rapport est de présenter une réflexion et une série de recommandations sur l’université algérienne, en analysant son passé, ses priorités et sa place dans le développement économique du pays. La nécessité de ce rapport vient du fait que nous nous retrouvons avec un système éducatif qui a besoin de se reformer pour trouver la place qui est la sienne non seulement en Algérie mais également dans la région et dans le monde. L’université algérienne, comme toute autre université, doit répondre à des critères de qualité en matière de rechercher et de formation. Ces critères évoluent tout le temps et nécessitent une adaptation et une agilité permanente. Pour bien cerner la problématique de l’université algérienne, il faut se rappeler que l’université, version algérienne, n’a commencé à exister qu’à partir de l’indépendance, voir début des années soixante-dix. Depuis cette période, le système universitaire algérien a subi plusieurs réformes qui n’ont pas toujours abouti aux résultats attendus. Les efforts de formation consentis par l’Algérie depuis l’indépendance ont permis de passer d’environ 2000 étudiants à l’indépendance à plus de 1 600 000 aujourd’hui, ce qui représente une augmentation considérable en peu de temps. Il en est de même pour le corps enseignant qui compte plus 60 000 personnes (tous corps confondus) et qui est passé de 1% à 100% d’algériens de l’indépendance à ce jour, respectivement En matière infrastructure, l’Algérie a investi considérablement pour atteindre un nombre très important d’universités (54), de centres universitaires (9), d’écoles nationales supérieures (35), d’écoles normales supérieures (11), d’annexes (2), agences de recherche (6) et de centres de recherche (16). L’investissement dans l’hébergement des étudiants a permis d’arriver à 435 résidences universitaires. Comme on le voit, l’université algérienne a fait beaucoup de progrès en peu de temps. Actuellement, elle est arrivée à un point où le mode de gouvernance n’est plus adapté pour accompagner l’université dans ses nouvelles missions. La notion de gouvernance telle que perçue de nos jours reflète un mode de gestion collégiale et participative plutôt qu’une autorité à laquelle les administrés doivent se soumettre. Elle s’applique aux institutions et aux entreprises publiques et privées, et elle s’adapte au fil du temps aux exigences nouvelles afin de garantir l’atteinte des objectifs tracés au préalable. Appliquée au monde universitaire, la gouvernance porte sur la manière qu’ont les universités, et les systèmes d’enseignement supérieur, en général, de définir leurs objectifs leur mise en œuvre, leurs modes de gestions et le suivi ainsi que l’évaluation des résultats. Une bonne gouvernance permet donc le succès dans la gestion d’une institution fût-elle académique ou autre. La gouvernance de l’université algérienne reste l’une des faiblesses qui caractérise le mieux sa structure très hiérarchique. Cette structure est définie par une centralisation du pouvoir de décision au niveau du ministère de tutelle tant au niveau de la gestion qu’au niveau de la recherche et de l’offre de formation. Tous débordements, dérapages et mauvaise gestion découlent généralement d’une mauvaise gouvernance. Les responsables locaux de l’université algérienne sont dépourvus de prérogatives leur permettant d’avoir une stratégie au niveau local ; leur rôle se trouve considérablement restreint et limité à la gestion au quotidien de l’université, en exécutant les directives de la tutelle. Un grand effort de « démocratisation » de l’enseignement supérieur a été entrepris par l’Etat au cours de ces dernières années. Malheureusement, cet effort n’a pas permis d’atteindre les qualités intellectuelle et scientifique souhaitées et de concrétiser les améliorations attendues. Bien que l’offre de formation des universités algériennes semble être bien étoffée elle ne tient toujours pas compte des spécificités régionales et l’introduction du system LMD n’a pas été suivie par les résultats escomptés. Un grand nombre de changements doit être entrepris au sein de l’université algérienne pour améliorer la formation. Les progrès technologiques, la modernisation des méthodes d’enseignement, l’utilisation judicieuse des ressources pédagogiques et l’efficience des enseignants et chercheurs offrent des opportunités uniques pour apporter des améliorations qualitatives à l’enseignement supérieur, Ces améliorations doivent aussi incorporer l’internationalisation des campus algériens et de la formation. Ainsi, il faut revoir l’implication des enseignants et des chercheurs algériens établis à l’étranger. Ils peuvent contribuer aux programmes de formation et de recherche. Il faudrait faciliter la mobilité vers les pays où le progrès en termes d’internationalisation est bien documenté tout en développant la collaboration et le partenariat avec des universités étrangères En ce qui concerne la formation professionnalisante, la stratégie adoptée est peu lisible, et semble difficile à appliquer, car d’une part, les besoins en compétences des entreprises ne sont pas clairement identifiés, et d’autres part, ces entreprises ne sont pas engagées à collaborer avec l’université. Il est judicieux d’attirer ces entreprises vers le campus universitaire en créant un cadre institutionnel pour une collaboration très étroite, et une collaboration « gagnant-gagnant » pour servir les besoins socio-économiques du pays. Développer la post-graduation professionnalisante comme le font certaines écoles/universités est aussi l’une des voies à suivre. Pour s’adapter aux exigences du 21ème siècle et aux besoins de ses étudiants, l’université algérienne doit innover et trouver des solutions aux défis scientifiques, technologiques et économiques auxquels elle fait face à l’heure actuelle. Cet objectif ne pourra être atteint qu’au sein d’une université résolument tournée vers la connaissance, le savoir et le développement scientifique.
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