Ingénierie de la Formation
• Une aventure éprouvante et passionnante : Le plus difficile, dans un métier, c’est d’en tirer des leçons pour soi et pour les autres. Lorsque les gens, mes étudiants et mes apprenants, surtout, me demandent de leur donner des conseils et/ou des recommandations, je reste souvent sans voix, pour un moment, assez long, quand même. A vrai dire, donner des conseils aux gens ne vient pas suite à une demande, c’est un acte spontané, volontaire et on le fait avec amour et empathie. C’est mon cas dans de pareilles situations. C’est ainsi qu’est née l’idée de cet ouvrage ; Dans une démarche de bienveillance et d’amour pour mes étudiants, mes apprenants et les gens que j’aime et estime. Cet ouvrage est une ancienne idée qui ne s’est pas concrétisée que durant le mois de novembre de l’an 2021. «Covidé» et confiné, souffrant d’un mal de gorge suite auquel j’ai perdu toute faculté de parler, alors que j’ai été longtemps aphone, et donc inactif sur le terrain, je me suis mis à écrire certaines de mes expériences et à décrire, avec un peu de nostalgie, mon quotidien de formateur et de facilitateur. Ainsi, je n’ai pas fait beaucoup de recherches académiques ou pratiques. C’était simple dans ma tête : décrire mes expériences avec simplicité, amour, honnêteté et réalisme. Ecrire, noir sur blanc, ce que j’avais vécu comme formateur, est un sujet qui m’a toujours intéressé, plu puis séduit, au point que j’y ai mis mes tripes et mon amour, au point que j’y ai investi mon temps, tout mon temps, pendant plus de soixante jours, deux mois, sans relâche, matin et soir, malgré la fatigue, la maladie et une souffrance physique et mentale. J’avais peur de ne plus revenir à mon activité de formateur. J’avais peur de ne plus exercer mon métier. J’avais peur d’une certaine mort lente dont j’entendais parler il y a des années. C’est effectivement cette peur, cette crainte qui a nourri en moi un certain espoir, un certain souhait, un certain rêve d’écrire pour revenir plus décidé, plus fort et plus déterminé. Ecrire m’a donné le courage pour résister à la maladie et combler, quelque part, cette vulnérabilité physique et mentale. Je me suis tout de suite rendu compte que je n’écrivais pas pour avoir du courage, mais écrire était mon seul et vrai courage. C’est dans cette pleine dépense d’énergie, intellectuelle surtout et physique par voie de conséquence, et en dépit des conseils des gens, des amis et des médecins, qu’est né ce livre. Tout d’abord, j’ai commencé par relire mes notes, dont certaines ont été écrites depuis plus d’une dizaine d’années. Puis, j’ai consulté certains ouvrages, relu quelques articles et me suis renseigné sur des travaux dans le domaine de la formation et de la pédagogie. J’ai ensuite résumé certaines idées et rédigé certaines pratiques, les miennes principalement. Dans ce cadre, je me suis fait aider par mes interventions sur ma chaine You Tube «Confluences pédagogiques», que j’ai résumées par écrit, noir sur blanc, et c’est à partir de cet instant que j’ai commencé à constituer les premières lignes de cet ouvrage, que je présente aux professionnels et aux universitaires. • A qui je m’adresse dans ce livre ? Beaucoup de gens de mon entourage, parmi mes apprenants et mes collègues, m’ont toujours encouragé à écrire un ouvrage pédagogique. De toutes les façons, je ne faisais qu’écrire des manuels depuis, bientôt, une quinzaine d’années. J’en ai pris l’habitude périodiquement, tous les deux ou les trois ans, en fonction de mes nouvelles expériences. J’ai écrit ce livre pour : - Les apprenants des universités et instituts supérieurs, des business schools et académies professionnelles, des entreprises et organisations sociales, des lycées, collèges et écoles primaires et ceux qui luttent pour avoir une place de citoyens intègres, dignes, libres et bénéficiant de justice sociale dans leurs sociétés respectives, en Algérie et ailleurs. J’ai été tout le temps fier et je le serai toujours, car mes apprenants sont âgés de 7 à 77 ans ; - Mes collègues, formateurs et formatrices, facilitateurs et facilitatrices, enseignants et enseignantes, dans toutes les disciplines et spécialités et à travers les quatre coins du monde, qui ont croisé mon chemin, ou continuent à le faire ou le feront un de ces jours. C’est avec eux que j’ai grandi et c’est avec eux que je grandirai, professionnellement et humainement. - Tous ceux et toutes celles qui ont toujours faim pour les connaissances nouvelles, devenus boulimiques, intellectuellement et pour qui mon travail suscite de la curiosité et du temps pour un minimum de lecture, diagonale ou/et superficielle, avant d’en apprécier le fond et la valeur. Ce livre n’est pas un ouvrage scientifique, et ce n’est pas la peine d’aller le chercher dans les rayons des ouvrages académiques. Pour le classer, je le mettrai avec les ouvrages dédiés à la formation «professionnelle», et/ou à la pédagogie «dans son volet pratique». C’est un ouvrage écrit par un Algérien, praticien de la formation et de la facilitation pour tous ceux et toutes celles, à travers le monde, en Algérie et ailleurs, qui s’intéressent à la formation et à l’ingénierie pédagogique, en particulier. Je sais qu’il y a beaucoup de gens qui m’attendaient sur ce champ et sur ce terrain de la pédagogie, je les invite à lire ce livre et j’espère ne pas les décevoir. • Un partage : En écrivant cet ouvrage et en avançant dans ses chapitres, je ne me suis jamais ennuyé, et je n’ai ressenti aucune gêne ni émotion négative ou souci dans la suite des idées. Tout venait vers moi, dans mon imaginaire, sans grande difficulté, comme si j’écrivais en un seul trait. Cela m’a rappelé mes années de journaliste et correspondant de presse. J’aimais écrire pour me défouler, pour vider mon sac et y mettre de mes émotions, humainement et pour le partage. C’est en novembre 2021, deux décennies après mes débuts comme journaliste que j’ai découvert que cette passion pour l’écriture était, en fait, due à ma passion pour le partage. Je l’ai enfin compris, le vrai sens du partage. Alors, je le dis maintenant avec fierté : «j’ai écrit cet ouvrage pour partager mon expérience avec les gens, les humains, les autres, mes étudiants, mes apprenants et toutes celles et tous ceux que je respecte, qui me respectent, que j’aime.» Cet ouvrage est un condensé de mes diverses interventions au sein des instituts supérieurs, des business schools, des académies spécialisées, des différents centres de formation, des entreprises et des institutions nationales et internationales. Je ne l’ai pas voulu lourd de contenu complexe et compliqué. Je l’ai voulu simple et facile à lire. Je l’ai voulu surtout et principalement accessible aux praticiens, formateurs et formatrices, facilitateurs et facilitatrices en intelligence collective, aux étudiants qui s’intéressent à la formation comme métier et aux juniors et débutants dans notre métier. J’ai voulu faire de ce manuel, de ce livre ou de ce guide, appelez-le comme vous voulez, une référence, algérienne et universelle, et c’est un peu prétentieux de ma part, je l’avoue, dans la bibliothèque, déjà riche, des livres à consulter, par les praticiens et les académiciens à différents niveaux. • Le résumé : Trois parties et onze chapitres Trois parties représentées par onze (11) chapitres forment le squelette de ce livre, qui constitue l’une des nouveautés de ces dernières années, exclusivement pour le monde de la formation en Algérie. Je n’ai pas choisi les onze (11) chapitres de cet ouvrage car ils ont été imposés par la logique de l’ordonnancement des différentes idées à l’origine de cette œuvre. Dans la première partie, j’ai introduit la fonction formation et le métier du formateur, en me basant sur trois (03) chapitres, certes différents, mais complémentaires. Dans le premier chapitre qui vient illustrer des notions introductives sur la formation, le lecteur découvrira des concepts de base et historiques sur la formation et l’apprentissage, alors qu’un volet important a été réservé à la fonction au sein de l’entreprise, comme domaine principal de mes interventions à travers le temps. Il trouvera également les différentes ingénieries qui la gèrent et l’expression des objectifs à préparer par les intervenants, les responsables des services des ressources humaines, les managers et le formateur, en particulier. Le deuxième chapitre, réservé aux compétences requises et aux attitudes du formateur, a été étayé par une touche spéciale, la mienne ; Introduire, pour la première fois, un descriptif du parcours du formateur. J’ai voulu en parler pour présenter au lecteur un parcours passionnant, ô combien éprouvant pour celui et celle qui choisissent de l’emprunter. C’est la première nouveauté, et surprise, de cet ouvrage. Et comme former est un métier, alors présenter ses risques est un devoir, et c’est pourquoi j’ai conclu ce chapitre par un clin d’œil pour l’image de la profession à travers son statut, l’éthique et la déontologie. Le troisième chapitre contient des notions sur les concepts de la pédagogie et de l’apprentissage, chez les adultes exclusivement. C’est un chapitre que j’ai voulu introduire pour expliquer certains aspects et phénomènes liés à la formation comme processus de changement, pour les individus et pour les organisations. En dédiant ce chapitre à la pédagogie et à l’apprentissage, j’ai voulu rendre hommage aux efforts que les formateurs font, en ayant toujours le réflexe de s’adapter aux différents publics en face d’eux, y compris les enfants. L’aspect purement pédagogique, je l’ai traité dans la deuxième partie de l’ouvrage en introduisant quatre (04) autres chapitres, du quatrième au septième. Ils ont été exclusivement réservés à comment conduire un atelier en formation, à partir des trois phases : concevoir, animer et évaluer C’est le quatrième chapitre qui a été réservé à comment concevoir une action de formation. J’y ai présenté une synthèse des activités essentielles que doit effectuer un formateur pour mettre sur pied son atelier, et cela va de la recherche documentaire aux dernières vérifications avant que l’action démarre. La phase “animer” a été détaillée dans le cinquième chapitre en introduisant les différentes activités de mise en application qu’on retrouve dans une action de formation et en particulier dans un atelier participatif. Ce sont des chapitres qui ont été principalement nourris par des expériences et attitudes tirées de mon quotidien comme formateur. Les lecteurs découvriront une nouvelle approche d’animation, expliquée à partir de quatre phases, que je propose et dont je parle pour la première fois, également. C’est, aussi, la deuxième nouveauté, et suprise, de cet ouvrage. Dans le sixième chapitre, les lecteurs vont découvrir un aperçu des différentes évaluations que doit réaliser un animateur ou une animatrice avant, pendant et après une action de formation. C’est du sérieux, de la fermeté et de la rigueur avec lesquels sont menés ces évaluations et contrôles que l’évolution dans, et de, ce métier dépend principalement. J’ai terminé cette partie par un chapitre sur l’apport de la facilitation dans le métier de formateur. C’est ce plus qui fait des différences dans notre métier. Personne ne peut nier l’apport de la facilitation dans la conduite des actions de formation, en particulier l’approche pédagogique avec la posture, les différentes techniques d’animation et les nombreux outils qu’utilisent habituellement les facilitateurs en intelligence collective et des travaux collaboratifs. C’est, également, la troisième nouveuté, et surprise, de cet ouvrage. J’ai prévu, pour cet ouvrage, une troisième partie pratique exclusive où j’ai essayé de montrer un aspect, assez méconnu par les gens, qu’est le jeu en formation. J’ai tenté de le présenter, dans la troisième partie, le long du huitième chapitre, à travers quelques jeux que j’anime régulièrement. C’est la quatrième nouveauté, et surprise, de cet ouvrage. Le neuvième et le dixième chapitres ont été réservés à la conception de manuels pour ateliers, individuels où le formateur intervient seul, et avec plusieurs formateurs, y compris en co-animation. Parmi les expériences que j’ai choisies, figure celle qui m’a toujours marqué et que j’ai eu le privilège d’animer en une seule demie journée, avec des collègues merveilleux, auprès d’une centaine d’enfants. C’était à Oran en 2010. Je ne pouvais pas finir ce voyage, dont je partage tous les déplacements et haltes, sans parler de l’avenir de la formation. Le futur de ce métier nous préoccupe à plus d’un titre. J’ai tenu à parler de mon point de vue et de ma vision des choses, basés, tous les deux, sur le constat fait et vécu durant la crise sanitaire, à partir de 2020. C’est le contenu du onzième et dernier chapitre et c’est la cinquième nouveauté, et surprise, de cet ouvrage. Vient, en dernier, la conclusion, que j’ai voulu concevoir comme ouverture sur d’autres perspectives et d’autres horizons, sur d’autres projets, toujours dans le partage, l’échange et le respect mutuel. Je reste à l’écoute Je vous souhaite, chers lecteurs et chères lectrices, de passer des moments agréables en compagnie des lettres, des mots et des expressions, que j’ai choisis afin de décrire mon voyage de formateur, tel que je le vis. J’espère que beucoup de gens vont choisir ce métier et rejoindre notre communauté. Pour la fin, n’oubliez surtout pas que “je reste à l’écoute de tout le monde”. Vos feedbacks et réactions sont un plus pour moi, et cela m’aide à grandir, car je ne compte pas m’arrêter là, à cet ouvrage, en si bon chemin de ma vie. Il y aura d’autres surprises et d’autres contributions passionnantes, qui valent et vaudront le partage, toujours dans le domaine pédagogique de la formation et de la facilitation en intelligence collective. C’est promis. Nchallah!
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