Mathématiques Financières
Les mathématiques financières gravitent autour de l’intérêt, sujet sur lequel il a été beaucoup polémiqué. Continuons sur la même voie. Lorsque l’intérêt est géré dans les ténèbres de l’ignorance, il se pratique à usure. Lorsqu’il est géré dans la lumière de l’intelligence, on peut le définir comme le loyer de l’argent. Le prêt à usure consiste à ruiner un individu : c’est un acte répréhensible. Le loyer de l’argent consiste à récompenser un individu pour avoir rendu un service : c’est un revenu. Dans le passé, tout prêt se faisait à usure parce que l’intérêt était règlementé par la passion et déterminé sans méthode rationnelle. On peut le dire, c’était un fléau. A l’époque antique, Aristote s’en était pris à l’intérêt d’une façon virulente. Selon lui : « Les êtres engendrés ressemblent à leurs parents et l’intérêt est une monnaie née d’une monnaie ». L’intérêt est donc contraire à la nature puisque seuls les êtres vivants peuvent engendrer. A cette époque, la monnaie n’était acceptée que comme un équivalent général et, de ce fait, dès qu’on l’utilisait pour avoir d’avantage de monnaie, on s’écartait de la morale. Thomas d’Aquin1 s’est penché sur le problème de l’intérêt. Il a conclu que le prêteur est en droit de compenser le temps qui s’écoule entre le moment où son argent quitte sa main et le moment où il revient dans cette même main. Cette compensation ne peut se faire que par le biais de l’intérêt. De nos jours encore, l’intérêt suscite des polémiques. Certes, l’intérêt est diabolique, cependant, il peut présenter un visage scientifique, le meilleur d’entre tous. Ce visage est celui qui détermine le loyer de l’argent sans léser le prêteur et l’emprunteur. Ce visage est celui de la raison dont l’objet est de maintenir l’équilibre de la balance. Qu’on le veuille ou non, le remboursement d’une dette avec générosité comprend la somme initiale et l’intérêt. L’occultation du mot « intérêt » ne l’empêche pas d’être mis en pratique. Maintenant, polémiquons sur les banques. A ce sujet, des banques islamiques émergent dans le monde financier qui est impitoyable et dans lequel l’incompétence est fatale. Une institution financière est liée à sa clientèle par une relation de confiance qui s’établit avec le temps, seulement avec le temps, c’est à dire qu’elle doit prouver sa compétence. Une banque n’a pas pour but de faire l’aumône, mais des affaires. Il y a lieu de noter que ce n’est pas parce qu’une banque a fait preuve de générosité que le dépôt de bilan s’ensuit, mais parce qu’elle a fait preuve de mauvaise gestion. On en déduit que tout type de banque est tenu de maîtriser les méthodes de gestion de l’argent même lorsqu’il s’agit d’humaniser le milieu financier. C’est plus une question de compétence qu’une question d’humanité, avec cependant un peu de morale pour ne pas sombrer dans l’intérêt à usure. Par ailleurs, une banque qui ne fait pas de profit ne peut payer ses employés. En cela, c’est une entreprise comme une autre. Tant qu’elle fait des profits, elle participe, d’une certaine manière, à une action d’intérêt général puisqu’elle permet à de nombreuses familles de ne pas demander l’aumône. L’intérêt, qui sert de base à la survie d’une institution financière, et par voie de conséquence, à tous ceux qu’elle emploie, est un outil de travail. Enfin, et dans l’espoir d’apaiser les remous, actuellement, le montant de l’intérêt est calculé scientifiquement. Si donc, hier, il était condamné, aujourd’hui, on peut lui accorder le bénéfice du doute. Malheureusement, cela ne mettra pas fin aux débats. Toutefois, le monde des affaires a pris le dessus sur les querelles. Il est, vaille que vaille, universellement admis qu’il est légitime que le prêt d’argent soit conditionné à l’intérêt, pourvu qu’il ne dépasse pas la mesure. A ce propos, quand un taux d’intérêt est élevé, le bon sens doit être sur ses gardes. Il revient aux institutions d’Etat de veiller à ce que les taux demeurent raisonnablement acceptables Si pour des raisons de cloisonnement intellectuel, on met de côté cet ouvrage, on a tord, car le bon sens universel a accepté l’existence de l’intérêt sous certaines réserves ; si pour des raisons d’ouverture intellectuelle, on le consulte, on a raison. Quant à nous, notre raison est de passer en revue toutes les techniques de calculs que l’on emploie autour de l’argent. La curiosité et le désir d’approfondir les connaissances sont des motifs suffisants pour consulter cet ouvrage dont l’édifice pédagogique est fait de cours, d’exemples, de questions de cours et d’exercices corrigés. Le tout est renforcé par des remarques semées au moment opportun.
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