L’Environnement
« La biodiversité c’est la vie, la biodiversité c’est notre vie ». C’est sous ce thème, qu’à l’initiative de l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies, la communauté internationale, a célébré, en 2010, l’Année Internationale de la Biodiversité. En effet, sans la biodiversité, il ne saurait y avoir de vie sur terre. La diversité biologique est le résultat de millions d’années d’évolution de la vie sur terre. Elle représente l’ensemble des formes de vie sur terre. Les écosystèmes fournissent les besoins essentiels de la vie, protègent des catastrophes naturelles et des maladies et représentent l’assise même de l’économie mondiale ainsi que de la culture humaine. Et pourtant, jamais, depuis son apparition sur terre, l’homme n’a détruit sa base de la vie comme durant les cinquante dernières années. Les résultats de l’Evaluation des Ecosystèmes du Millénaire — une étude réalisée pendant quatre années par plus de 1395 experts appartenant à plus de 95 pays — résonnent comme un véritable cri d’alarme. Les pressions exercées du fait des activités humaines sur les fonctions naturelles de la planète ont atteint un tel degré que les capacités des écosystèmes à répondre aux besoins des générations futures sont désormais sérieusement, et peut être irréversiblement, compromises. En l’absence d’un sursaut salutaire, le point de basculement sera atteint dans les toutes prochaines années à venir. Le dommage sera irréversible et le point de non-retour sera atteint. En effet, les changements anthropiques sur les fonctions naturelles de notre planète n’ont jamais été aussi destructeurs, entraînant ainsi une extinction inégalée de la biodiversité sur terre. Il existe un taux naturel d’extinction des espèces. Cette vérité première s’applique non seulement pour les êtres humains mais aussi pour les espèces végétales et animales. Cependant, aujourd’hui, du fait de l’homme, le taux d’extinction des espèces serait de 1000 fois supérieures à son taux naturel. L’augmentation de la population mondiale tout comme l’urbanisation de la planète ainsi qu’un mode production et de consommation insoutenable sont à l’origine de cette situation, Les empreintes écologiques de l’humanité dépasseraient aujourd’hui de 20% les capacités biologiques de la planète. Nous consommons plus de ressources naturelles que les capacités régénératrices de notre planète peuvent offrir. L’humanité vit au-dessus des moyens et des capacités de notre planète. Si l’humanité devait avoir le même niveau de vie que la population du Royaume Uni, il nous faudra trois planètes et demie et si nous devions avoir tous le même modèle de consommation que les citoyens américains, il nous faudra cinq planètes pour satisfaire nos besoins. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, plus de terres ont été converties pour les besoins de l’agriculture que durant les deux siècles écoules. Les deux tiers des terres agricoles ont été dégradées d’une manière ou d’une autre. Les terres arides couvrent aujourd’hui 40% de la surface de la terre affectant plus de 80 pays soit une personne sur six sur terre et menaçant directement la vie de 250 millions personnes parmi les plus pauvres de la planète. Plus de 6 millions d’hectares de terres arables sont engloutis chaque année par ce phénomène qui menace la sécurité alimentaire mondiale d’une population aux besoins sans cesse croissants Cette situation est sérieusement aggravée par les changements climatiques. La question du réchauffement de la planète constitue, en effet, l’un des défis majeurs qui menacent l’existence sur la vie sur terre. 30% des espèces connues risquent de disparaitre en 2050 en raison des changements climatiques. Selon certains experts, le climat s'est transformé 170 fois plus rapidement sous l'influence de l'humanité. Chaque seconde plus de 1,2 million de kilos de CO2 (dioxyde de carbone) sont émis dans l’atmosphère. Chaque année plus de 40 milliards de tonnes de CO2 sont émises dans l’atmosphère. Pour la première fois, la concentration du CO2 a dépassé le seuil symbolique de 400 ppm (parties par million). Les émissions de gaz à effet de serre peuvent durer pendant plus 10,000 ans et certaines plus de 100 000 ans dans atmosphère. Il n’est donc pas surprenant que les cinq dernières années n’ont été les années la plus chaudes jamais enregistrées depuis 1880 à savoir depuis le début des relevés météorologiques, Les vagues de chaleur intense qui avaient lieu une fois tous les 20 ans risquent de se produire à l’avenir annuellement. Le 5 juillet 2018, alors que l’Algérie célébrait la fête de son indépendance nationale, un record de température du continent africain a été enregistré a Ouargla ou le thermomètre avait atteint 51,3 dégrée Celsius. Cette coïncidence est venue fort à propos nous rappeler que la question des changements climatiques est désormais une question qui menace la paix et la sécurité mondiales. C’est pour cette raison que la question des changements climatiques a été à l’ordre du jour du Conseil de Sécurité des Nations Unies en 2007, 2009 et 2016. C’est cette situation qui a fait dire au Président Français Mr Jacques Chirac à l’ occasion de son discours lors du Sommet Mondial sur le Développement Durable qui s’est tenu à Johannesburg en septembre 2002, « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs… Il est temps d’ouvrir les yeux. » . Ouvrir les yeux, exige de redonner à la question de la protection de l’environnement la place qui aurait dû être toujours la sienne. Cela exige l’instauration d’une nouvelle vision qui placerait les valeurs humaines fondamentales au cœur de la problématique du développement durable. C’est donc redéfinir la relation entre l’homme et son prochain et entre l’homme et son environnement. C’est redécouvrir cette éthique et de ce sens des valeurs sacrées qui ont de tout temps été la marque distinctive de ces civilisations anciennes et prospères car solidaires et imbues d’un sens élevé du respect du prochain et de toutes les formes de vie sur terre car relevant du domaine du divin. C’est donc convenir que les modes de consommation et de production contemporains insoutenables tout comme la pauvreté abjecte sont à la fois les causes et les conséquences de la dégradation de la relation entre l’homme et son prochain et entre l’homme et son environnement. Le temps est venu de repenser notre relation avec dame nature et ce au bénéfice des générations présentes et futures. J’ose espérer que cet ouvrage contribuera à ouvrir les yeux du lecteur de cet ouvrage didactique apportant ainsi sa précieuse contribution au succès de la célébration de la décennie 2011-2020, proclamée par les Nations Unies, Décennie de la Biodiversité.
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